Les documents à remettre au salarié en fin de contrat : la liste
La liste ne dépend pas de la façon dont le contrat se termine. Licenciement, démission, rupture conventionnelle, fin de CDD, rupture de la période d’essai, départ à la retraite : l’employeur établit les mêmes documents, « quel que soit le mode de rupture ou la fin du contrat de travail », selon la fiche officielle de l’administration. Le dernier bulletin de paie s’y ajoute, comme chaque mois.
- Le certificat de travail (article L1234-19 du Code du travail). Il contient exclusivement, selon l’article D1234-6, la date d’entrée et la date de sortie du salarié, la nature du ou des emplois successivement occupés et les périodes pendant lesquelles ils l’ont été. S’y ajoute la mention du maintien à titre gratuit des garanties de complémentaire santé et de prévoyance, que la fiche officielle range parmi les mentions obligatoires (article L911-8 du Code de la sécurité sociale).
- L’attestation destinée à France Travail (article R1234-9). Elle porte notamment la période d’emploi, les salaires des derniers mois et le motif de la rupture, et sert à examiner les droits du salarié à l’allocation chômage. Elle est due même après une démission : c’est France Travail qui décide ensuite des droits, pas l’employeur.
- Le reçu pour solde de tout compte (article L1234-20). Il fait l’inventaire des sommes versées à la rupture : salaire du dernier mois, indemnité compensatrice de congés payés, indemnités de rupture ou de préavis le cas échéant. Il est établi en double exemplaire, dont un remis au salarié (article D1234-7).
- L’état récapitulatif de l’épargne salariale (article L3341-7), seulement si l’entreprise propose un dispositif d’épargne salariale ou de retraite collectif. Il récapitule les sommes et valeurs épargnées, distingue ce qui est disponible de ce qui reste bloqué, et indique qui prend en charge les frais de tenue de compte.
Quand et comment les remettre : à la fin du contrat, tenus à disposition
La date est celle de la fin du contrat, c’est-à-dire la fin du préavis, qu’il soit effectué ou non. Quand le salarié est dispensé de préavis, l’employeur peut lui remettre ses documents dès son départ effectif, ce qui suppose que la dernière paie soit établie ; il n’y est pas tenu avant la date où le préavis non effectué aurait pris fin.
Ces documents sont quérables : l’employeur doit les tenir à la disposition du salarié dans l’entreprise, il n’a pas l’obligation de les lui envoyer. Une remise en main propre contre un reçu daté, ou un envoi en recommandé quand le salarié ne peut pas se déplacer, évite toute discussion sur la date à laquelle ils étaient prêts.
Sur la forme, chaque document a son régime. Le bulletin de paie peut être remis sous forme électronique, sauf opposition du salarié (article L3243-2). L’attestation France Travail est transmise à France Travail par voie électronique, ce qui est obligatoire à partir de onze salariés (article R1234-9) ; elle passe en pratique par la DSN, sous la forme d’un signalement de fin de contrat à envoyer dans les cinq jours ouvrés. France Travail renvoie un exemplaire au format PDF, que l’employeur remet au salarié signé, d’une signature manuscrite ou électronique. Pour le certificat de travail et le solde de tout compte, aucun texte ne prévoit de remise électronique comparable à celle du bulletin de paie : les fiches officielles parlent de documents tenus à disposition dans l’entreprise. Rien n’empêche d’en envoyer aussi une copie au salarié.
Le reçu pour solde de tout compte, enfin, se signe par le salarié, qui n’y est pas obligé. Signé, il peut être dénoncé dans les six mois ; passé ce délai, il libère l’employeur pour les sommes qui y figurent. Non signé, il ne libère de rien, et l’employeur ne peut pas retenir les sommes dues au motif d’un refus de signer.
Ce que coûte un document absent, en retard ou faux
Ne pas remettre le certificat de travail est puni de l’amende prévue pour les contraventions de quatrième classe (article R1238-3). Méconnaître les règles de l’attestation France Travail relève de la cinquième classe (article R1238-7) : selon la fiche officielle, jusqu’à 1 500 euros pour une personne physique, et 7 500 euros pour une personne morale.
Le risque le plus courant n’est pourtant pas l’amende. Une attestation France Travail absente ou en retard retarde l’examen des droits du salarié, qui peut saisir le conseil de prud’hommes et obtenir des dommages et intérêts si un préjudice est reconnu. Une attestation inexacte se corrige à la demande du salarié ; faute de rectification, il peut là aussi saisir le juge. Un certificat qui oublie un emploi ou un solde de tout compte incomplet ouvrent les mêmes discussions, plus difficiles à régler une fois le salarié parti.
Ce qu’un certificat ne dit pas compte autant que ce qu’il dit. Le texte en fixe le contenu de façon exclusive : ni appréciation sur le travail, ni motif du départ. La fiche officielle ajoute qu’il ne doit comporter aucune mention discriminatoire ou pouvant nuire au salarié, ni d’information sur l’existence d’une clause de non-concurrence.
« Attestation employeur » : un mot pour trois documents qui ne se ressemblent pas
Quand un salarié demande « une attestation employeur », il peut parler de trois documents différents, et la première question à lui poser est : pour qui ?
- Pour France Travail, à la fin du contrat : c’est l’attestation décrite plus haut. Elle ne se rédige pas librement, elle se déclare, par la DSN ou, en secours, dans l’espace employeur du site de France Travail.
- Pour l’Assurance maladie, pendant un arrêt de travail : l’attestation de salaire qui sert au calcul des indemnités journalières. Elle part de l’employeur vers la caisse, en pratique par un signalement d’arrêt de travail dans la DSN ; le salarié n’a pas à la transmettre.
- Pour un bailleur, une banque, une crèche ou une administration : une attestation de travail (ou d’emploi), de rémunération, de présence ou d’affiliation à la mutuelle, que l’employeur remet au salarié et que celui-ci transmet. C’est la seule des trois qui se rédige vraiment.
Les attestations en cours de contrat : travail, rémunération, mutuelle
L’attestation de travail n’a pas de régime propre dans le Code du travail, contrairement au certificat de fin de contrat. Son contenu est libre, sauf si un accord ou la convention collective le fixe, comme le rappelle le modèle publié sur le Code du travail numérique du ministère. Elle identifie l’employeur (raison sociale, siège, numéro d’immatriculation) et le salarié, puis indique l’emploi occupé, la nature du contrat, sa date de début et, pour un CDD à terme précis, sa date de fin.
L’attestation de rémunération demande une précision de plus : dire ce que recouvre le montant. Un salaire brut mensuel contractuel, hors primes et éléments variables, se certifie à partir du contrat ; un net réellement perçu figure sur les bulletins de paie, que l’organisme demandeur peut aussi réclamer. Dans le vocabulaire de la paie, « attestation de salaire » désigne d’abord le document destiné aux indemnités journalières : pour un dossier de location ou de prêt, parler d’attestation de rémunération évite le malentendu.
Pour la complémentaire santé, l’employeur atteste l’affiliation du salarié au contrat collectif, avec l’organisme et la date d’affiliation ; le détail des garanties relève de l’organisme assureur. Au départ, la portabilité prend le relais : le salarié dont la rupture ouvre droit à l’assurance chômage, hors faute lourde, garde gratuitement ses garanties de santé, et de prévoyance s’il y en a, pendant son indemnisation, dans la limite de la durée de son dernier contrat et de douze mois. L’employeur le signale dans le certificat de travail et informe l’organisme de la fin du contrat.
Une liste de départ qui ne dépend de la mémoire de personne
Les erreurs de fin de contrat se ressemblent d’une entreprise à l’autre. Elles viennent moins du droit que d’une information qui n’était pas au bon endroit le jour du départ. Six points à vérifier, dans l’ordre où ils se présentent :
- La date de sortie : celle de la fin du préavis, pas celle du dernier jour de présence quand le salarié en est dispensé. Une date fausse se retrouve à l’identique sur tous les documents.
- Les emplois successifs : un salarié promu, ou passé d’un poste à un autre, doit les retrouver tous sur son certificat, avec leurs périodes. Ils se lisent dans les avenants au contrat, à condition de les avoir rangés.
- La mention du maintien des garanties de santé et de prévoyance, facile à oublier parce qu’elle vient du Code de la sécurité sociale et non de l’article du Code du travail qui fixe le contenu du certificat.
- Le signalement de fin de contrat dans la DSN, dans les cinq jours ouvrés, et l’exemplaire signé de l’attestation qui en revient, à remettre au salarié.
- L’état récapitulatif d’épargne salariale, s’il existe un dispositif : il ne sort pas du logiciel de paie, il faut donc penser à le demander.
- Le reçu pour solde de tout compte en double exemplaire, avec la liste des sommes et la date de signature.
Produire les attestations sans ressaisie : ce que fait l’application, et ce qu’elle ne fait pas
Le principe qui tient dans la durée : chaque fait n’est écrit qu’une fois, à sa source. La date d’entrée et l’emploi viennent du contrat et de ses avenants, l’affiliation à la mutuelle du dossier du salarié. C’est ainsi que l’application Attestations employeur de vOSagents traite les documents que l’employeur remet directement au salarié. Le collaborateur choisit un type : travail, rémunération, affiliation à la complémentaire santé, dispense d’affiliation, présence, ou un type propre à l’organisation. Un brouillon se génère aussitôt depuis ce que l’organisation sait déjà (structure juridique, établissement, profil, contrat de travail signé) et part à la RH, avec les informations manquantes nommées. La RH complète, corrige, valide ; le document est alors figé, son PDF composé, et le collaborateur le retrouve dans son espace, prévenu par une notification et, par défaut, par un e-mail qui porte un lien, jamais le document en pièce jointe.
Le certificat de travail en fait partie, établi par défaut à l’initiative de la RH et non sur demande du collaborateur : il se prépare avant le départ, tant que la personne fait encore partie de l’organisation dans l’espace. Ce qu’une RH complète une fois (une date d’embauche, une affiliation) est mémorisé pour la demande suivante. Une attestation émise ne se réécrit jamais : une correction produit une nouvelle version, sous la même référence, et le collaborateur en est prévenu. Les gabarits livrés sont un point de départ à adapter, pas une garantie de conformité : l’employeur reste responsable de ce qu’il signe.
Plusieurs documents restent hors de son champ, parce qu’ils relèvent d’un circuit déclaratif ou de la paie : l’attestation destinée à France Travail, l’attestation de salaire pour les indemnités journalières, le bulletin de paie, le reçu pour solde de tout compte et l’état d’épargne salariale. La signature des attestations est textuelle (nom et qualité du signataire, lieu, date) : elles se remettent, elles ne se contresignent pas.